La confusion règne souvent entre les types de dépenses « Opex » / « Capex » et les vues financières « P&L » / « Cashout ». Aussi semble-t-il bon de rappeler à quoi correspondent ces différentes notions.

Le type de dépenses « Opex » ou « Capex » est souvent associé à un choix en termes de financement :

 

  • Les « Opex » (Operating Expenses) correspondent à des dépenses de fonctionnement qui donnent lieu à un simple enregistrement dans les comptes de charges, sans impacter la structure actif/passif du bilan.
  • Les « Capex » (Capital Expenditure) correspondent à des dépenses d’investissement qui se traduisent par une inscription à l’actif du bilan puis par l’enregistrement de dotations aux amortissements au niveau du compte de résultat.

 

Une entreprise n’ayant pas de contrainte de trésorerie pourra préférer financer elle-même ses investissements et optera pour une approche « Capex ». Dans le cas d’une dépense liée à un investissement, la règle définie par le code général des impôts fixera les principes d’activation des charges en question, portées à l’actif du bilan, et les conditions d’amortissements, règles auxquelles s’ajouteront les normes IFRS.

Au contraire, une entreprise ayant des disponibilités plus limitées pourra souhaiter s’orienter vers la mise à disposition du même bien sous la forme d’un service moyennant une dépense récurrente (« Opex »).

Le domaine IT est une illustration typique de cette alternative qui s’offre aux entreprises : est-il préférable d’investir dans une infrastructure en propre (« Capex ») ou de recourir à des services équivalents en mode Cloud (« Opex ») ? Indépendamment des critères technologiques, il apparaît que cette question est avant tout relative à une problématique de financement.

Par ailleurs, indépendamment des types de dépenses « Opex » ou « Capex », les coûts peuvent être évalués dans différentes vues financières :

 

  • La vue « P&L » (Profit and Loss) correspond à l’évaluation des coûts dans une optique de compte de résultat, les investissements étant lissés dans le temps via le mécanisme d’amortissements. Dans une logique de « costing », la vue « P&L » est parfaitement adaptée à l’évaluation des coûts de mise à disposition de produits ou services qui doivent être relativement stables au fil du temps.
  • La vue « Cashout » (coûts décaissés) est adaptée au pilotage des investissements au cours d’un exercice. Elle correspond, en effet, à la prise en compte de l’ensemble des flux de trésorerie (« cash ») dépensés par une entreprise au cours d’un exercice, combinant les dépenses courantes et dépenses d’investissement. Les calculs de VAN et Payback pour un projet doivent ainsi s’effectuer dans cette vue et n’ont pas de sens en vue « P&L ».

 

Les vues « P&L » et « Cashout » répondent ainsi des problématiques de pilotage économique différentes et complémentaires alors que les types de dépenses « Opex » / « Capex » répondent surtout à une problématique de stratégie de financement. Le lien entre les types de dépenses et les vues financières est présenté schématiquement ci-dessous :

lien type dépense vue financière